attends

attends.
j’ai attendu qu’il me dise
attends
alors j’aurais accroché mon manteau au crochet
où à l’aurore il ressemblait
au cadavre d’un pendu qu’on aurait oublié
la peau flasque dévalant d’un pli à l’autre
et vide à l’intérieur
je lui aurais dit
oh
mais il ne m’a pas dit
attends
encore moins
ne pars pas
alors je n’ai rien dit
non plus
il a déjà les yeux perdus par la fenêtre
et l’aurore est déjà oubliée
dans une orgie de ciel bleu
il regarde par la fenêtre par le ciel
par autre part
et il a ce sourire que je lui connais tant
redressé d’un côté
le côté où son bras nu est posé sur le lit
et où je vois son torse fendu en deux par le drap
quand il souriait comme ça
il oubliait de parler
il oubliait que j’étais là
de l’autre côté du ciel
qu’il suffisait de dire
pour que je reste un jour de plus
entre le bras et le torse
pour que le manteau reste encore un peu
sur la potence
(mais pour ça il aurait dû arrêter de sourire)
attends