[…] un bout de papier sur lequel elle avait griffonné quelques mots, de son écriture ample dont les courbes, telles les rameaux étouffants d’un lierre accroché à une façade chauffée par le soleil, envahissaient la page, chevauchaient les lignes, s’emmêlaient les unes aux autres, rampaient entre les paragraphes, se glissaient dans les ovales de ses a, dans les larmes de ses e, dans les doigts tendus de ses l, enfonçaient leurs crampons dans les espaces étroits qu’elle laissait entre les mots et, sous mon regard flou, finissaient par recouvrir la page entière d’un buisson touffu et gris comme le ciel qui commençait à me tomber dessus comme une vague si gigantesque qu’on n’en voit plus les limites, indistinctes sous les embruns, si énorme qu’on n’a l’impression que c’est la mer entière qui se soulève pour nous engloutir […]

attends.j’ai attendu qu’il me diseattendsalors j’aurais accroché mon manteau au crochetoù à l’aurore il ressemblaitau cadavre d’un pendu qu’on […]